Sanctions contre la Russie: l’UE s’inquiète et met en garde Washington

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Bruxelles a mis en garde Washington ce mercredi 27 juillet contre d’éventuelles représailles après l’adoption par le Congrès américain de nouvelles sanctions contre la Russie, craignant qu’elles ne pénalisent les entreprises énergétiques européennes et divisent davantage l’Occident. Coincée entre la Russie, dont l’UE dépend notamment pour son gaz, et les Etats-Unis, la Commission européenne est entre le marteau et l’enclume. Cependant, cela n’empêche pas les plus hautes institutions européennes de prendre position dans le conflit entre les deux pays.

Avec notre bureau à Bruxelles,

Pour les 28 pays de l’Union européenne, la proposition de loi américaine risque d’avoir des conséquences désastreuses. Les sanctions pourraient en effet menacer l’une des priorités de la présidence de Jean-Claude Juncker, à savoir une politique visant à garantir l’approvisionnement énergétique de l’Union européenne. La nouvelle loi donnerait au président Donald Trump la possibilité de sanctionner les entreprises qui travaillent sur des pipelines venant de Russie, en limitant par exemple leur accès aux banques américaines ou en les excluant des marchés publics aux Etats-Unis.

L’Union européenne a donc des raisons de s’inquiéter. Autant elle cherche à diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique, autant cela s’inscrit dans la durée. Et pour l’heure, les pays d’Europe centrale et orientale membres de l’UE restent très dépendants de l’héritage technique de l’URSS, notamment dans les trois Pays baltes.

« L’Amérique d’abord, cela ne veut pas dire l’Europe en dernier »

De plus, l’UE intervient régulièrement pour apaiser le conflit gazier permanent entre la Russie et l’Ukraine, par laquelle transitent les fournitures russes destinées à l’Europe occidentale. Sur le plan diplomatique, les Européens n’apprécient pas le cavalier seul des parlementaires américains et estiment que toute sanction nouvelle doit être décidée au sein du G7 et appliquée de façon uniforme par les pays membres de ce groupe. L’efficacité de la mise en œuvre des accords de Minsk sur la pacification de l’Ukraine serait à ce prix.

Jean-Claude Juncker se dit prêt à défendre les positions européennes par des contre-mesures ciblées. « L’Amérique d’abord, assène-t-il, cela ne veut pas dire l’Europe en dernier ». Dans la mesure ou par ignorance ou par indifférence, les Américains contraignent les Européens à prendre la défense d’intérêts de la Russie qu’ils ont en commun avec cette dernière, cette loi pourrait bien constituer un faux pas politique majeur.

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