ASSOCIATION DE MALFAITEURS ET TRAFIC DE CHANVRE INDIEN: Philomène Diémé vers une relaxe, sa cousine Madeleine Diatta encourt 15 ans de travaux forcés

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Le procureur de la Chambre criminelle de Dakar a requis l’acquittement et 15 ans de travaux forcés, respectivement pour la coiffeuse Philomène Diémé et sa cousine Madeleine Diatta. Sous mandat de dépôt depuis 3 ans, elles comparaissaient pour association de malfaiteurs et trafic de chanvre indien. Les mises en cause seront fixées sur leur sort le 7 novembre 2017.

Avant la lecture de l’ordonnance de renvoi, les avocats ont soulevé des exceptions de nullité qui ont été jointes au fond. Les robes noires indiquent qu’il n’y a pas dans le procès-verbal un passage qui montre que la perquisition a été faite. Et que celle-ci devrait se faire dans les règles de l’art. Le 21 février 2014, les éléments de la brigade de lutte contre la criminalité du commissariat central de Dakar exploitent une information faisant état d’un vaste réseau de trafic de chanvre indien, conduit par une dame aux Parcelles Assainies Unité 11. Transportés sur les lieux aux fins d’investigations, les éléments enquêteurs, après avoir repéré la maison ciblée, ont composé le numéro 77 903… remis par l’indicateur pour faire une commande de 3 kg de chanvre indien. Un moment plus tard, les dames Madeleine Diatta et Philomène Diémé se sont présentées aux policiers, en possession d’un sac contenant ladite commande. Rapides comme l’éclair, les policiers se sont rués vers elles en procédant à la fouille du sac de Philomène dans lequel ils ont trouvé 3 blocs du produit illicite d’un kilogramme chacun. En leur compagnie, les éléments se sont rendus au domicile de Madeleine Diatta, qui correspondait bien à la description faite par le dénonciateur, pour une perquisition. Celle-ci s’est avérée très fructueuse, car à l’intérieur de son appartement, les enquêteurs ont découvert 45 autres blocs d’un kg chacun du même produit, soit un total de 48 kg de chanvre indien. Entre autres éléments, ils ont également trouvé dans la chambre de Madeleine Diatta du papier journal, des rouleaux de scotch ainsi que la somme de 27.500 francs. Lors de son interrogatoire préliminaire, Madeleine Diatta a déclaré que c’est le nommé Doudou Sané qui lui avait donné les 48 kg de chanvre indien. Lui demandant de les écouler en échange d’une commission de 5.000 francs par kg sur les 25.000 francs représentant le prix total du bloc. Toujours dans ses déclarations, elle a affirmé que le sus nommé lui avait remis le papier journal et le scotch. Sans autre précision permettant aux éléments de l’identifier ou de le localiser. Par ailleurs, Philomène Diémé a soutenu s’être rendue au domicile de Madeleine Diatta, sa cousine, qui lui avait demandé de venir pour une affaire de la concession. C’est à son arrivée qu’elle s’est rendu compte que sa cousine n’avait rien à lui dire et elle a décidé de prendre congé d’elle. Sur ces entrefaites, Madeleine lui a remis le sachet de couleur noire tout en lui demandant de le mettre dans son sac. Elle disait ignorait le contenu du sachet et les activités de cette dernière. Placées depuis 3 ans sous mandat de dépôt, les 2 prévenues ont été attraites devant la Chambre criminelle de Dakar, hier, pour les faits d’association de malfaiteurs et de trafic de chanvre indien. Devant le juge, Madeleine a tout contesté. «Philomène a été arrêtée vers les coups de 15 heures. Elle était venue me rendre visite et en rentrant, on a croisé les policiers. Ces derniers lui ont dit que le sac contenait de la drogue. J’ai reçu le sac des mains de Doudou Sané qui m’avait demandé de le lui garder. Les enquêteurs ont fait une perquisition chez nous, mais ils n’ont pas trouvé de drogue», a-t-elle avancé. Ce sont les mêmes dénégations que Philomène a aussi servies. «Lorsque je rentrais chez moi, Madeleine m’a donné un sachet qu’elle m’a demandé de mettre dans mon sac. J’ignorais le contenu et la destination du sachet. J’ai eu peur quand les policiers nous ont interpellées et c’est là que j’ai su que c’était du yamba», a ajouté cette coiffeuse. Pour le parquet, il est constant que Philomène était la porteuse du sac. Et la simple détention de ce produit prohibé peut faire penser qu’il était destiné à la vente. Au regard de ces observations, le parquet a sollicité l’acquittement pour Philomène Diémé et 15 ans de travaux forcés à l’encontre de Madeleine Diatta. L’avocat de Philomène a demandé le renvoi des fins de la poursuite sans peine ni dépens, soutenant que sa cliente est victime dans cette affaire. «Madeleine a dit que rien n’a été trouvé chez elle. Pourquoi ne pas la croire, dans la mesure où il n’y a pas de scellés ? Les choses n’ont pas été faites dans les règles de l’art. Je plaide une application bienveillante de la loi pénale si vous estimez qu’elle est coupable», a dit l’avocat de Madeleine. Elles seront fixées sur leur sort le 7 novembre 2017.
Fatou D. DIONE (Stagiaire)

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