DESTABILISATION DE LA GAMBIE: Adama Barrow tempère les menaces et évoque la possibilité d’une extradition de Jammeh

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Réagissant à l’alerte sur une possible déstabilisation de son pays, le Président Adama Barrow a considéré comme «exagérée» la menace que feraient peser les partisans de son prédécesseur Yaya Jammeh, supposés ourdir un complot contre son régime depuis des pays de la sous-région. Estimant que la menace était plutôt économique, il se dit confiant en l’avenir sur ce plan.

L’alerte avait été lancée début juillet par le colonel Magatte Ndiaye, commandant de la force de la Cedeao en Gambie, selon qui des officiers ayant fui avec l’ex-Président Jammeh complotaient contre le nouveau régime, avec des éléments hostiles au sein des forces de sécurité gambiennes dans le pays. Les autorités mauritaniennes, pour leur part, avaient démenti l’information selon laquelle certains de ces comploteurs se trouvaient sur leur territoire, avant que le Chef d’Etat-major général des Forces armées sénégalaises, le général de Corps d’Armée Cheikh Guèye, ne se déplace à Nouakchott pour se concerter avec le ministre de la Défense et son homologue dans ce pays. Il s’est ensuite rendu pour 3 jours en Gambie d’où il est rentré hier, après des discussions avec le chef des armées gambiennes. Pour dire que les autorités militaires sénégalaises prennent au sérieux ces informations données par leurs services de renseignement.
En tout cas, le Président Barrow, principal concerné, a relativisé ces craintes, dans une interview à l’Afp ce mercredi. «Il y a eu beaucoup de rumeurs», a-t-il dit, en réponse à une question sur les menaces au sein de l’armée. Tout de même il reconnaît : «il y a des contacts (entre membres de l’armée sur place et officiers partis avec Yaya Jammeh, Ndlr), il y a des informations faisant état de gens qui viennent attaquer la Gambie». Puis de tempérer : «C’est terriblement exagéré et je ne pense pas qu’ils constituent une menace pour la Gambie à présent».
Adama Barrow de souligner : «Nous avons commencé à réformer le secteur de la sécurité», disant avoir réintégré beaucoup de personnel militaire dont ils pensaient qu’il avait été limogé injustement à la suite du départ de Yaya Jammeh. Mais le Président Barrow s’est dit déterminé à traduire en justice les «auteurs d’atrocités», comme les «Junglers», considérés comme les escadrons de la mort du régime Jammeh. Et à ce sujet, précise-t-il, des discussions sont menées avec le Sénégal, la Guinée et la Guinée-Bissau, où certains d’entre eux auraient fui. Il a évoqué la possibilité d’une extradition de Jammeh, accusé par les nouvelles autorités d’avoir détourné plus de 50 millions de dollars (environ 44 millions d’euros) et dont une commission est en train de tracer ses biens.

Embellie économique

Selon le chef de l’Etat gambien, le danger le plus immédiat pour son pays, à son accession au pouvoir, avait été davantage la faillite qu’un coup d’Etat. «Nous n’avions qu’un mois de couverture d’importations, un niveau dangereusement bas», a-t-il dit. Heureusement, la perfusion est venue de l’Union européenne et de la Banque mondiale, qui ont déjà fourni près de 48 millions d’euros, permettant au pays de pouvoir couvrir trois mois d’importations. De même, les investisseurs manifestent leur intérêt, notamment pour l’exploitation du port de Banjul ou l’exploration pétrolière, s’est-il félicité. «Non seulement les Chinois et les Britanniques, mais aussi Dubaï, et d’autres, comme les Français», a précisé le nouveau Président, selon qui «c’est maintenant à la Gambie d’en tirer le meilleur profit».
Mansour Kane

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