Elle filme son propre viol: « J’espère qu’il comprendra »

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Elle a eu beau crier « non » au moins 145 fois, une trentenaire d’Ingelmunster n’est jamais parvenue à arrêter son ex qui la violait. L’homme de 34 ans a été condamné à une peine de prison de 15 mois avec sursis et est obligé d’entamer une thérapie. « Espérons qu’il y comprenne qu’une femme qui dit non veut dire non ».
Quinze mois de prison avec sursis, déchéance des droits civiques pour cinq ans, 2.750 euros de dommages et intérêtsà sa victime et l’obligation de suivre une thérapie, voilà la peine à laquelle le tribunal de Courtrai a condamné un homme pour le viol d’une femme de 31 ans qui est aussi son ex-compagne et mère de leur fille de trois ans.

« Le jugement me convient », explique la femme sous couvert d’anonymat dans les colonnes d’Het Laatste Nieuws. « De toutes façons, il n’arrive presque jamais qu’un violeur reste longtemps derrière les barreaux. Alors quel est l’intérêt d’une peine ferme si elle est courte? Un tel homme s’améliore-t-il grâce à ça? Je crains que non. Maintenant, mon ex va devoir entrer en thérapie et ça me semble plus utile. Espérons qu’ils lui apportent des choses. Et qu’il apprenne à modifier son comportement. Qu’il comprenne qu’on laisse tranquille une femme qui ne veut pas avoir de rapports sexuels ».

Sur le point du refus, la jeune femme n’aurait pas pu être plus claire: elle a bien signalé à son ex qu’il ne pouvait plus la toucher. Et elle n’a eu aucun mal à le prouver à la barre, en apportant un élément à charge douloureux. Lorsque le prévenu s’est rendu chez elle début février dernier, elle a enregistré sa visite avec son GSM. Sur la bande sonore, on entend le viol se dérouler et les cris de la victime qui se refuse à lui à… 145 reprises. Le tribunal a pu entendre 49 « Non! », 47 « Arrête! » et enfin 49 « Lâche-moi! » en anglais, langue du Nigérian qu’elle accusait de viol. Des cris et supplications que l’homme n’a pas daigné respecter.

« Quelque part, l’app que je venais de télécharger sur mon téléphone m’a sauvée. Je l’avais chargée le jour-même. Mon ex et moi avions rompu quatre mois avant les faits après une relation de trois ans et demi et je me sentais harcelée par lui. Il appellait beaucoup, était pressant, était constamment à ma porte. Afin de prouver ce qu’il me faisait subir, j’ai installé cette application. Une app toute simple qui enregistre les sons d’une pièce. Ce soir-là, il a bien sonné vingt fois à la porte. J’ai fini par le faire entrer de peur qu’il ne réveille notre fillette qui dormait. Par précaution, j’ai enclenché l’application d’abord et mis mon GSM dans la poche de mon pull. La première demi-heure s’est relativement bien passée, mais je lui demandais déjà de partir et il s’y refusait. Il continuait de vouloir s’expliquer sur les raisons pour lesquelles il m’avait quitté pour une autre. Tout à coup, il m’a saisie par les poignets », décrit-elle en frissonnant. « Tu es la mère de mon enfant, je fais de toi ce que je veux », lui dit alors l’agresseur.

Alors que l’application tourne toujours, la victime le somme d’arrêter ce qu’il entreprend et essaie de lui échapper en se débattant. « Mais je n’arrivais à rien, il est trop grand, trop fort. Je ne pouvais que crier, crier. J’ai pleuré et crié durant tout le viol, sans qu’il ne s’arrête », confie-t-elle. Après le départ de son agresseur, la trentenaire appelle une amie et se rend à la police avec son téléphone dont elle sait qu’il comporte l’enregistrement de la scène. Elle laissera les enquêteurs l’écouter eux-mêmes et y trouver les preuves nécessaires. « Je n’ai jamais écouté la bande-son et je ne le ferai jamais, j’en suis incapable ».

Toujours incapable d’évoquer les faits sans pleurer, la jeune femme déplore les conséquences de cet acte sur sa vie. « Je me rends compte que je parle parfois de manière agressive aux gens, comme si je devais les prévenir de rester à distance ». Autre point difficile, l’enfant commun de la victime et de l’agresseur. « Ma fille voit encore son père de temps en temps. J’ai beaucoup de mal avec ça car il m’a violée mais cela reste son père. Mais comment lui expliquer cela plus tard? Que l’homme que j’ai aimé est capable de commettre un viol? Espérons que la thérapie l’aide à devenir meilleur et qu’il ne fera plus d’autre victime. Alors le jugement aura pris tout son sens ».

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