ENTRE SUSPICIONS, ANTAGONISMES ET RADICALISATION: Le scrutin de tous les dangers !

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Le Sénégal va aux urnes dimanche, pour choisir les 165 députés de la 13ème législature. Mais, autant on peut se targuer et se rassurer d’être une démocratie majeure, avec plusieurs élections sans heurts, force est de reconnaître que, cette fois-ci, il y a vraiment de quoi avoir des craintes. Jamais on n’était allé à un scrutin avec un tel niveau de suspicions, de désaccords, d’antagonismes, voire de haine, entre les acteurs ou des acteurs. Et le déroulement de la campagne électorale, avec un déchainement de passion et de violence, a donné un avant-goût de la tension qui pourrait s’inviter au vote de demain. En effet, alors que le pouvoir et l’opposition étaient déjà à couteaux tirés, à propos des manquements dans la conduite du processus électoral, le gouvernement en a rajouté, avec le vote pour tous les inscrits, même sans cartes d’identité et d’électeur biométriques. Et même si la décision a été habillée du manteau du Conseil constitutionnel, elle a été rejetée par les principales forces opposées au régime. Beaucoup d’acteurs, en particulier ceux des coalitions Mankoo Taxawu Senegaal et Wattu Senegaal dénoncent une manœuvre du pouvoir pour frauder. Et des leaders de la coalition Mankoo Taxawu Senegaal, de Dakar surtout, ont ouvertement déclaré qu’ils feront barrage à l’application de la décision, le jour-j. Ce qui ne présage rien de bon. Car, du côté du pouvoir, on brandit déjà la loi qui, pour eux, sera appliquée dans toute sa rigueur contre d’éventuels fauteurs de troubles. Aujourd’hui, la méfiance, l’antagonisme entre certaines forces de l’opposition et le pouvoir qui se regardent en chiens de faïence, est tel que la moindre étincelle peut mettre le feu à la poudrière électorale. Et cette histoire de vote avec les récépissés proposé par le chef de l’Etat (premier responsable de la coalition Bby) et béni par le Conseil constitutionnel, qui s’est mué à l’occasion en législateur à la place de l’Assemblée nationale, risque d’être l’élément perturbateur du vote et porte déjà les germes d’un contentieux électoral.

Mbaye THIANDOUM

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