LES IMPACTES DE LA SECTION 3 VND TOUJOURS DANS LE NOIR: La misère d’une veuve avec 9 enfants, dont la maison a été rasée sans qu’elle soit indemnisée

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Le président de la République a inauguré, le 22 juillet dernier, la section 3 de la Vdn (Guédiawaye-Malika-Tivaouane Peulh). Un tronçon bâti sur la misère des populations impactées, dont une veuve et ses enfants qui courent toujours derrière leur indemnisation et leur recasement. La présidente et le secrétaire général du collectif, qui portent leur combat, étaient hier dans nos locaux pour crier leur dépit.

Le cas le plus alarmant et qui préoccupe le plus les membres du collectif, c’est celle de la veuve Mme Bâ. La maison que lui a laissée son défunt mari (Boubacar Bâ), avec ses 9 enfants dont des mineurs, a été rasée pour faire place à l’autoroute, sans qu’elle reçoive le moindre sou, du fait d’un désaccord sur le montant de l’indemnité. En effet, la commission des impenses lui a proposé 21.120.000 F Cfa pour sa maison (deux parcelles jointes). Ce qu’elle a refusé, et à juste raison. Car, dans le décret portant expropriation, il est bien inscrit que l’une des parcelles est indemnisée à hauteur de 10.560.000 F Cfa et l’autre à 24.735.000 F Cfa, soit pour la maison entière un montant de 35.295.000 F Cfa. Ce qui fait une différence énorme de 14 millions, par rapport au montant proposé par la commission des impenses. Pourquoi celle-ci n’a pas respecté les termes du décret ? Où vont aller ces 14 millions au cas où la dame accepte les 21 millions qui lui sont proposés, en violation des termes du décret ?

«Le ministre lui avait spécifié que la somme qui lui était allouée était à prendre ou à laisser…»

Aujourd’hui, la situation socioéconomique de la pauvre dame est si chaotique que les autres membres du collectif, non encore indemnisés, en oublient même leur cas. «Si vous allez là où vivent Mme Bâ et ses enfants, vous serez parcourus de frissons. Vous serez ulcérés», fulmine la présidente du collectif. Et de pointer du doigt le ministre Mansour Elimane Kane qui, au lieu d’arbitrer entre l’Ageroute, la commission des impenses et la dame, s’est permis même de menacer cette dernière. «Le ministre des Infrastructures avait spécifié, d’un air vaniteux, à Mme Ba, lors d’un entretien (avec le collectif, dans le bureau du ministre), que la somme qui lui était allouée était à prendre ou à laisser. Cela dans la perspective de ne rien recevoir, si elle refusait. Ce qui fut effectivement constaté quelque temps plus tard», dénonce Fatou Ndiaye.

«Le Premier ministre informé de la situation dramatique de cette pauvre dame n’a pas donné suite à la requête…»

Le collectif ne comprend pas non plus le silence du Premier ministre. «Le Premier ministre ayant été informé de la situation dramatique de cette pauvre veuve n’a malheureusement pas daigné vouloir donner suite à la requête. Ce qui laisse croire au collectif que le cas d’une veuve et neuf orphelins, jetés à la rue comme de vulgaires squatteurs, ne l’a pas ému, à la hauteur de la grosse farce que lui ont servie le maire et ses acolytes qu’il a pourtant reçus. Le Premier ministre, à l’approche des élections législatives, a préféré les recevoir, en victimes et dans une compassion débordante, à des fins politiques. La voix d’un maire, il est vrai, pèse toujours plus lourd dans les urnes qu’une veuve, Mme Ba et ses neufs orphelins, spoliés par deux fois», fustige la présidente du collectif, Fatou Ndiaye, pour qui le maire est l’un des principaux bourreaux des impactés.

«L’Ageroute dit qu’il n’y a plus d’argent dans la caisse»

A côté de la veuve Bâ, plusieurs impactés n’ont pas encore vu la couleur de leur argent. C’est le cas de la présidente du collectif. On a même préféré éviter sa maison qui, anormalement, trône au bord de l’autoroute, avec tous les risques que cela comporte, alors que toutes les maisons alentour (même celles plus éloignées que la sienne de la route), sont rasées. Tout cela, pense-t-elle, pour faire pression sur elle et lui mener la vie dure, après avoir en vain tenté de la faire renoncer à la lutte pour les impactés. Mais plus grave, souligne-t-elle, les propriétaires de terrains nus, pour qui il était prévu 3.150.000 F Cfa chacun, n’ont rien reçu à ce jour et n’ont pas été recasés. Et pour ceux dont les maisons ont été rasées, plusieurs avaient reçu une avance sur leurs indemnisations et courent toujours derrière le reliquat. «Le pire, dans tout ça, c’est que quand les gens vont à l’Ageroute pour réclamer leur dû, on leur dit qu’il n’y a plus d’argent dans la caisse (prévue pour payer les impenses)», soutient Fatou Ndiaye. Et elle trouve cela «inadmissible», car l’argent des impenses a été libéré depuis longtemps.

Mbaye THIANDOUM

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