QUALITE SECURITE HYGIENE ENVIRONNEMENT: Amoindrir les risques par un respect des normes (Par Dame KANE Co-responsable CAP-Sn)

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Le Sénégal attire la confiance des grands investisseurs. Le pays a pu asseoir sa bonne gouvernance par les nombreuses alternances à la tête du pays et ainsi consolider sa démocratie. Mais le travail n’est pas fini, car, si le terrain est balisé, il reste à engager les démarches politico-économiques pour profiter pleinement du climat favorable à l’émergence et à l’éclosion industrielle du pays.

Pour ce faire, des citoyens outillés d’ici et de la diaspora se proposent de mettre en place ou de renforcer les organes publics, en les dotant d’expertises reconnues capables de porter un jugement technique sur les exigences essentielles de sécurité et santé qui incombent aux entreprises présentes au Sénégal. L’objectif étant de travailler tous ensemble sur des labels locaux, des normes locales en phase avec les normes internationales, qui permettront de quantifier et qualifier le respect des exigences essentielles QSHE (qualité, sécurité, hygiène et environnement).

Dans ce travail rigoureux, tous les Sénégalais détenant une expertise dans les domaines de l’électrotechnique, du bâtiment génie civil, de l’agro-alimentaire, de l’environnement, de l’administration, du commerce, de la chimie, des télécoms, de l’énergie solaire, de la santé, entre autres, se doivent de venir apporter leur pierre à l’édifice. Il ne se passe pas une semaine sans que l’on assiste à un évènement déplorable qui pouvait simplement être évité où son ampleur réduite en respectant les exigences essentielles de sécurité et de santé (bateau le Joola, bâtiments en construction qui s’écroulent, affaire des carburants toxiques, tuyau d’approvisionnement en eau de la SDE à Keur Momar Sarr, explosion transformateur électrique de la Senelec à Thiès, pollution d’hydrocarbure à Thiaroye (…). Et plus récemment, les deux accidents concomitants qui ont eu lieu le 18 mars dernier, à Sabodala Gold près de Kédougou, avec le jeune homme de 25 ans broyé par une machine, et aux Industries Chimiques du Sénégal où une pièce s’est détachée pour heurter mortellement un ingénieur. Les exemples n’en finissent pas, sans parler des pertes financières et de l’image dégradante que cela renvoie.

Pour tout cela, la politique industrielle doit s’appuyer sur un bureau de normalisation qui élabore les normes industrielles et veille à leur application. C’est là la condition d’une amélioration de la qualité de la production, de la sécurité des travailleurs, de l’hygiène dans les processus d’élaboration des produits industriels, tout en respectant l’environnement. Et c’est aussi valable pour le tissu industriel intérieur que pour les projets liés à l’exportation de nos produits locaux. Tant qu’on ne peut pas respecter des normes internationales drastiques, on ne pourra donc pas exporter de manière massive nos propres produits. Dans toutes les grandes zones d’échange économique du monde, il existe des « barrières » normatives visant à accompagner les professionnelles vers le respect des exigences essentielles de santé et de sécurité. Le Comité européen de Normalisation en Europe tout comme l’Occupational Safety and Health Administration (OSHA) aux Etats-Unis travaille sur les directives pour permettre aux entreprises de se conformer aux normes relatives à la sécurité et la santé au travail et à toutes les règles, réglementations et ordres émis en vertu des normes.

Ainsi, au Sénégal, pour bien répondre à ces problématiques, nous devrons renforcer aux plans judiciaire et financière les structures déjà existantes comme l’Association sénégalaise de Normalisation (ASN). L’ASN est créée le 14 mars 1978 sous le nom de l’Institut sénégalais de Normalisation et est devenue Association sénégalaise de Normalisation (ASN) depuis le 19 juillet 2002. Elle relève du ministère des Mines, de l’Industrie, de l’Agro-industrie et des PME. Sa mission consiste à mener des actions d’élaboration de normes nationales, d’information, de sensibilisation et de formation des agents économiques du Sénégal. En particulier, elle cible les industriels, les distributeurs, les consommateurs et les agents de l’administration, pour leur apporter les connaissances aux outils de la qualité, les méthodes et procédures de leur mise en œuvre en vue d’aider à la définition d’une politique de la qualité des biens, services et de vie.

Il n’est pas exagéré de dire que son mandat est immense. L’ASN est censé :

  • Élaborer des normes régissant tous les aspects de la production et de la distribution d’énergie.
  • Travailler sur la certification des produits exportés,
  • Élaborer des normes de sécurité et environnementales pour la construction urbaine,
  • Veiller à la conformité des normes environnementales ambitieuses pour l’industrie.

Les pouvoirs politiques doivent appuyer vigoureusement cet institut, en définissant une véritable politique industrielle et en confiant à l’ASN un mandat plus clair et mieux défini. Cela leur permettra d’élaborer et faire appliquer les normes, ce qui est une composante essentielle d’une politique industrielle.

La mise aux normes coûte cher, dans l’accompagnement financière des entreprises qui souhaitent se mettre à niveau, les pouvoirs publics ont mis en place le Bureau de Mise à Niveau (BMN). C’est une structure très réactive et qui joue un rôle important dans l’échiquier du respect normatif. Il permet aux entreprises d’acquérir de l’équipement, des machines, des logiciels ou de la formation pour pouvoir mieux répondre aux standards nationaux et internationaux sur les QSHE.

En mettant en place une politique rigoureuse QSHE, les entreprises présentes dans le pays pourront bénéficier d’un cadre de travail de qualité, ce qui signifie réduire les pertes matérielles et financières, écarter les erreurs dans les procédures de validation et les oublis.

Cela permettra aux entreprises de travailler en toute sérénité, ce qui signifie du personnel en bonne santé, moins d’absence au travail, moins d’accidents de travail, plus de sécurité, plus d’implication, moins de pertes liées aux arrêts de machine ou de production.

Enfin, pour améliorer nos conditions de vie et de travail, commençons par assainir les institutions comme l’ASN, renforçons financièrement des organismes comme le BMN et réfléchissons sur des normes techniques contraignantes et qui vont dans le sens de l’intérêt sénégalais.

Dame KANE

Co-responsable CAP-Sn

www.cap-sn.com

contact@cap-sn.com

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