RECONSTITUTION DU MEURTRE D’AWA NDIAYE A L’HÔTEL GOLDEN SUN: Ibrahima Thierno Barry déroule le film de la boucherie, craque et fond en larmes

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Les limiers du commissariat de la commune de Grand-Yoff ont procédé, avant-hier, à la traditionnelle reconstitution des faits, en compagnie de Ibrahima Thierno Barry, présumé meurtrier de la fille Awa Ndiaye, à l’hôtel-bar-auberge «Golden Sun», sis à Liberté 6, en face de la boite de nuit «Le Pentola». Le principal suspect a disjoncté et pleuré comme une madeleine. Le mobile du crime découle d’une très banale prise de bec entre la défunte et son bourreau, qui était ivre.

Le film de l’effroyable meurtre de la fille Awa Ndiaye a été rejoué, jeudi dernier, dans une atmosphère glaciale et poignante, par moments, à l’hôtel dénommé «Golden Sun», par le supposé acteur principal, Ibrahima Thierno Barry, sous la supervision des flics du commissariat de Grand-Yoff. Le plafonnier a expliqué, avec force détails, les circonstances du drame, sous le crépitement des photographes et de la prise d’images par des caméras de téléphone portable des agents de police. Il a fallu quatre tours d’horloge (17h à 20h) aux policiers pour connaître les péripéties de l’horreur du 18 septembre dernier audit hôtel. Certains flics étaient habillés en civil et se sont fondus dans la masse pour traquer les moindres mouvements suspects de la foule. Tandis que d’autres, calepins à la main, étaient tout ouïe, prenaient sans cesse des notes et surveillaient du regard les mouvements des lèvres du gus, histoire de capter ses propos à peine prononcés.

Le suspect lève le coude de 11h à 17h ; il met en colère la fille en refusant de lui serrer la main

Ce fut alors le clap du début de la tragédie. Barry s’installe sur la scène de crime et commence à dérouler la séance macabre. Aussi, il se met tout seul à table, feint de passer sans cesse des commandes de boisson alcoolisée et commence à se défoncer. Il affirme être entré dans le bar à 11h pour lever le coude et soutient y être resté jusqu’aux environs de 17h. Soudain, explique-t-il, la fille Awa Ndiaye, accompagnée d’une copine, débarque, sacrifie aux salamalecs d’usage et rejoint sa table, sans y être invitée. Elle se tient debout devant lui, prononce quelques mots et lui tend la main pour le saluer. Barry, ivre mort, répond aux salutations par un simple geste de la main, détourne le regard ailleurs et fonce tranquillement sur les bouteilles d’alcool posées sur la table.

La fille attaque par des mots durs son bourreau : «yaw bandit nga, défaillant nga rék…»

Considérant l’attitude du bonhomme comme du mépris, Awa pète les plombs, s’assoit à ses côtés et lui crache des propos durs à la figure. Barry reste tout de même zen, fait la sourde oreille et refuse de céder aux provocations de la fille. Qui se défoule comme pas permis, continue ses diatribes et traite son vis-à-vis de tous les noms d’oiseau. «Elle m’a provoqué, abreuvé d’injures et taxé de bandit et de poule mouillée, du genre (yaw défaillant nga rék)». Mais sans donner des explications claires et convaincantes sur le coup de sang de la demoiselle. Ainsi, selon toujours le mis en cause, il s’arrache de sa table et se dirige vers la porte de sortie du bar. La fille le suit jusqu’au seuil de la porte, avec l’insulte à la bouche, et retourne s’assoir à la même table.

Barry prend le couteau d’un boucher, retourne au bar et tranche la carotide de la fille

Quand il a quitté la table, dit Barry aux limiers lors de la reconstitution des faits, il est parti chercher un couteau qu’il affirme avoir trouvé sur l’étal d’un boucher, établi derrière l’hôtel-bar-auberge. Ainsi, il retourne dans le lieu de détente, aperçoit la fille et avance à pas décidés vers elle. Awa sursaute, voit l’arme blanche et hurle de stupéfaction. Elle alerte les occupants du bar, recule et se met à tournoyer à l’intérieur. Des gens se précipitent, sonnent l’alerte et tentent de maîtriser le plâtrier agresseur. Qui affirme avoir esquivé d’un geste vif la tentative de la foule, agité le couteau et chargé la demoiselle. Celle-ci réussit à se dégager des griffes de son assaillant, constate un flot de sang au cou et se met à courir dans tous les sens. Aussi, elle sollicite de l’aide, court vers le comptoir du barman et lâche ceci : «ya gis nga, diam na ma, diam na ma» (Ndlr : diantre ! tu as vu, il m’a poignardée !)

L’émouvante étape de la reconstitution des faits du présumé criminel

Arrivé à la séquence d’utilisation du couteau, rapportent des témoins de la scène de reconstitution, Barry, pris sans doute de remords, craque, s’arrête et fond en larmes. Il était pourtant très à l’aise et d’une sérénité extraordinaire dans ses explications. Ainsi, il baisse la tête, regarde fixement le sol et se met à pleurer toutes les larmes de son corps, comme une madeleine. Il reprend ses esprits, mais s’emmêle parfois les pinceaux dans sa narration du drame. Il se fait chaque fois rafraîchir la mémoire par les policiers, qui ont déjà visionné les bandes-vidéos de la caméra de surveillance de l’hôtel sur les moindres instants du meurtre. C’est vers les coups de 20h que la séance de reconstitution des faits a pris fin.
Vieux Père NDIAYE

L’arme du crime abandonnée dans un taxi
Quand le présumé meurtrier, dans une démarche cahin-caha du fait de son état d’ivresse avancée, affirme être sorti précipitamment de l’hôtel, il a aussitôt embarqué à bord d’un taxi et a voulu prendre la fuite. Il était armé de son couteau dégoulinant de sang, qu’il indique avoir abandonné dans le taxi. Aussi, il cherchait vaille que vaille à filer à l’anglaise. Mais, des gens se sont brusquement interposés et ont mis la puce à l’oreille du taximan. Le mis en cause a rouvert brusquement la portière du véhicule, est redescendu et est retourné à l’hôtel avant de s’enfuir par une porte dérobée de l’auberge.
La caméra de surveillance de l’hôtel avait capté le film du meurtre ; la police de Grand-Yoff détient les bandes-vidéos
Nos sources renseignent que la caméra de surveillance de l’hôtel avait immortalisé les faits et gestes de la fille Awa Ndiaye et ceux de son bourreau de plâtrier, Ibrahima Thierno Barry. Ainsi, les limiers ont pris les bandes-vidéos qu’ils ont visionnées avant de lancer la traque au supposé auteur du coup de couteau mortel.
Le supposé meurtrier déféré au parquet hier
On souffle que le présumé tueur, Ibrahima Thierno Barry, a été présenté hier devant le procureur de la République pour le délit de meurtre avec usage d’arme blanche (couteau). Il a été déféré au parquet avec d’autres individus, cités dans l’affaire. On ignore cependant les motifs invoqués retenus contre ces derniers, ainsi que le degré de leur implication dans la tragédie.
V. P. NDIAYE

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