TURQUIE: l’EI revendique l’attentat du Nouvel an, le tireur toujours introuvable

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La chasse à l’homme continue en Turquie pour tenter de retrouver l’assaillant qui a tué 39 personnes dans une discothèque d’Istanbul la nuit du Nouvel an. Parmi les victimes figurent plus d’une vingtaine d’étrangers, dont une Franco-Tunisienne et son époux tunisien. L’attentat été revendiqué par l’Etat islamique ce lundi matin. Mais l’enquête ne semble pas progresser très rapidement même si on dispose de précisions sur le déroulement des faits.

Avec notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette

Le tireur est toujours en fuite, la traque se poursuit. Mais pour le moment les autorités n’ont donné aucune indication sur une éventuelle piste. Comme le soupçonnaient les autorités turques, l’attentat a été revendiqué par l’Etat islamique lundi matin après la contre-revendication la veille d’un leader du parti des travailleurs du Kurdistan, le PKK.

Le dernier a affirmé dimanche soir que le groupe kurde n’avait aucune responsabilité, aucun lien dans l’attaque de la discothèque Reina. Ce que confirme Jean Marcou, spécialiste de la Turquie et professeur à Sciences Po Grenoble. « Ce mode opératoire est un nouveau en Turquie puisque jusqu’à présent les attentats… attribués aux jihadistes [et] non revendiqués étaient… commis par des ‘’suicides bombers’’ – des kamikazes qui se sont fait sauter dans des espaces peuplés ». Par contre les attentats revendiqués par l’organisation terroriste kurde, les Faucons de la liberté du Kurdistan, sont eux commis par à distance et ciblent des policiers ou des militaires même s’ils touchent également des victimes civiles.

Le mode opératoire de l’homme, qui aurait donc agi seul, s’est précisé selon les derniers éléments de l’enquête et notamment des témoignages regroupés de personnes à l’intérieur de la boîte de nuit : un homme qui serait arrivé en taxi devant cette discothèque, qui aurait sorti une arme – un fusil d’assaut – d’un grand sac, pour abattre d’abord un policier à l’extérieur, avant de pénétrer dans la discothèque. Le tireur aurait vidé deux chargeurs en tirant dans la foule. Il aurait pu également avoir lancé une grenade offensive avant de changer de vêtements et de s’enfuir, en profitant du chaos dans la boîte de nuit.

Failles dans la sécurité

Cet attentat interpelle sur d’éventuelles failles des services de sécurité et aussi dans les services de renseignements. Depuis le coup d’Etat raté de cet été, et même bien avant, la police, les renseignements, le ministère de l’Intérieur, ont été purgés des éléments proches de l’imam Fethullah Gülen, l’ennemi numéro un du pouvoir turc. Deux questions se posent notamment : d’abord est-ce que ces purges n’ont pas en quelque sorte décapité les services, puisque les fidèles de l’imam Gülen étaient très nombreux précisément dans ces secteurs.

Et ensuite par qui ont-ils été remplacés ? Par des policiers souvent très jeunes que l’on a peut-être moins contrôlés. C’est une question qui s’était déjà posée après l’assassinat de l’ambassadeur russe en décembre, justement par un jeune policier. Et c’est une polémique qui risque de prendre encore plus d’importance dans les tout prochains jours.

rfi.fr

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